L'Aventure

DESCENTE DE LA NAHANNI EN PACKRAFT

La rivière Nahanni coule dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada à 600km à l’ouest de Yellowknife. Aux chutes Virginia, la Nahanni plonge de 90 mètres, soit deux fois la hauteur des chutes du Niagara. Elle s’enfonce ensuite dans 4 grands Canyons peuplés de rapides aux noms les plus terrifiants les uns que les autres, témoins des multiples tentatives de remontées des chercheurs d’or et autres trappeurs. Ce n’est qu’à la fin des années soixante, alors que l’homme posait le pied sur la lune, qu’une équipe de français réussirent à descendre entièrement la Nahanni pour la première fois. Cette descente est relatée dans un livre de Pierre-Louis Mallen, publié chez Flammarion en 1968 : Victoire sur la Nahanni. La Nahanni a aussi été rendue célèbre en France par le dernier livre de Roger Frison-Roche publié chez Arthaud en 1969 : Nahanni, la vallée sans hommes.

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ESCALADE DE LA FLEUR DE LOTUS

La rivière Nahanni coule dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada à 600km à l’ouest de Yellowknife. Aux chutes Virginia, la Nahanni plonge de 90 mètres, soit deux fois la hauteur des chutes du Niagara. Elle s’enfonce ensuite dans 4 grands Canyons peuplés de rapides aux noms les plus terrifiants les uns que les autres, témoins des multiples tentatives de remontées des chercheurs d’or et autres trappeurs. Ce n’est qu’à la fin des années soixante, alors que l’homme posait le pied sur la lune, qu’une équipe de français réussirent à descendre entièrement la Nahanni pour la première fois. Cette descente est relatée dans un livre de Pierre-Louis Mallen, publié chez Flammarion en 1968 : Victoire sur la Nahanni. La Nahanni a aussi été rendue célèbre en France par le dernier livre de Roger Frison-Roche publié chez Arthaud en 1969 : Nahanni, la vallée sans hommes.

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INTENTIONS DU RÉALISATEUR

Pourquoi est-ce que je veux faire ce film ?

Cela fait de nombreuses années que j’accompagne des aventurières et aventuriers dans les grands espaces naturels. J’avais notamment co-organisé et participé l’aventure d’Arthur en Aslaska racontée dans le film « Le Pouvoir des Rêves« .

L’expédition dont j’aimerais conter les aventures est la plus ambitieuse que j’ai mise sur pied : un mois d’autonomie totale au fin fond du nord canadien pour descendre la Nahanni, une des rivières les plus sauvages qui soit et escalader une paroi mythique avec 4 autres aventuriers moins expérimentés.

Sportivement, scéniquement et humainement, ce fut très fort. Mais cette expé résonne de façon très particulière pour moi. Descendre la Nahanni c’était un retour aux sources. C’est qu’à 15 ans j’ai dévoré “Nahanni”, le dernier livre de Roger Frison Roche et “Victoire sur la Nahanni”, le récit de la première descente. Ces livres m’ont littéralement propulsé dans l’Aventure. Les années passent et bien sûr il y aura d’autres expéditions, mais celle-ci restera aussi surtout celle de ma dernière grande escalade, de mon dernier “big wall”. J’ai eu la chance de vivre ce moment avec des compagnons de cordée qui pouvaient comprendre cet émouvant passage de témoin.

C’est aussi mon premier film en tant que réalisateur. Ici s’ouvre un tout nouvel chapitre pour continuer cette passion de transmettre qui est la mienne.

Pourquoi est-ce que je pars si souvent en expédition avec des plus jeunes ?

Tout d’abord, j’aime le silence et le rythme imposé par les grands espaces. Ensuite j’aime l’escalade, le packraft, le ski de rando nordique ou alpin, la marche etc. C’est chaque année plus difficile de trouver des gens de mon âge pour m’accompagner. J’ai donc résolu le problème en partant avec des plus jeunes qui en plus me challengent vachement.

 

 

Quelle est ma valeur ajoutée dans ces expéditions et qu’est-ce que j’y trouve ?

Nous vivons dans un monde de plus en plus virtuel où tout va de plus en plus vite. Je suis convaincu que les sports d’aventure peuvent être un antidote. En s’inventant une aventure, nous pouvons reprendre les rênes de nos vies mais à condition de respecter certaines règles.

Ma plus grande joie c’est d’aider les plus jeunes à dépasser la déconnade entre potes ou encore les challenges sportifs qu’ils se fixent, pour s’ouvrir au silence et au rythme du pas, de la pagaie ou du glissement du ski dans ces grands espaces. C’est là qu’ils découvrent leur musique propre, ce qu’ils sont vraiment. C’est là que les masques tombent et qu’une nouvelle relation à l’autre peut s’enclencher, passionnante.

En même temps, ce que j’aime plus que tout c’est la transmission : rendre autonome ces jeunes aventurières et aventuriers dans la gestion des risques que ces aventures requièrent. Plutôt que d’acheter une aventure préfabriquée “all inclusive” y compris les photos à publier sur Facebook, je les pousse à s’inventer leur propre aventure et j’essaie de les aider à la mettre en musique eux-mêmes.

Quel a été le plus gros challenge de cette expédition au Canada pour moi ?

C’est la plus grosse expé que je n’ai jamais organisée. Déjà rien que cela, c’est excitant. Avec un mois d’autonomie complète, l’organisation devait être impeccable à tous niveaux : matos, nourriture, logistique mais aussi préparation technique des participants.

Mais il fallait surtout que je réussisse à m’intégrer dans un groupe de 4 aventuriers nettement plus jeunes que moi, pour qui beaucoup de choses étaient nouvelles. Je ne voulais pas être leur guide mais je voulais vivre quelque chose de fort ensemble avec eux tout en leur partageant mon expérience et ce qui fait sens pour moi.

Pour mes compagnons, le packraft sur la Nahanni c’était surtout un moyen de transport pour accéder à la Fleur de Lotus. Pour moi c’était beaucoup plus. Dès le départ, j’ai senti que mon plus gros challenge serait de les aider à dépasser leur quête légitime d’un sommet pour rentrer dans cette Nahanni avec ses rapides, ses longs moments de plat et cette musique intérieure qu’elle peut nous faire découvrir. De ce challenge dépendait pour moi la réussite de l’expédition. D’une part sur le mois d’autonomie dans ces grands espaces, il n’y avait que deux ou trois jours d’escalade et c’est long un mois. D’autre part, il fallait que les deux objectifs se rencontrent et s’enrichissent l’un l’autre, sinon nous allions nous retrouver bien seuls ensembles.

 

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour moi ?

Oui, bien sûr, physiquement, j’ai touché mes limites car c’était énorme sportivement parlant, mais c’est surtout psychiquement que cela a été le plus dur.

Quand tu es le plus expérimenté et que tu anticipes donc plus que les autres ce qui pourrait mal se passer, tu dois un peu au début tout expliquer et imposer certains rituels : comment monter le camp, utiliser les réchauds à essence, faire la cuisine, ranger le camp avant d’aller dormir en tenant compte des ours, imposer le port du gilet de sauvetage et du casque même sur le plat, faire sécher les sacs étanches pour éviter la moisissure, etc. Tu dois un peu faire attention à tout et tu interviens un peu sur tout à tout bout de champ. Bref même si tu fais attention à la manière de le faire, t’es souvent vite perçu comme un peu « chiant » par les autres.

Moi, d’habitude je tiens ce rôle là pendant les deux premiers jours, et puis je laisse les rituels s’installer, voir se modifier. Je ne suis pas guide et je ne veux pas prendre tout sur mes épaules, c’est contraire à ma philosophie de l’aventure. J’essaie d’être juste un catalyseur pour faciliter la prise d’autonomie dans la gestion des risques inhérents à toutes aventures et finalement … à la vie.

Le problème c’est que souvent, et c’était le cas ici, il y a un retour de manivelle. Lorsque la réaction prend, le catalyseur se voit un peu éjecté de la réaction. D’une part en s’appropriant les rituels, on a tendance à vouloir abaisser celui qui les a introduits. D’autre part, le catalyseur qui n’est plus essentiel au démarrage de la réaction se sent lui un peu inutile et mal à l’aise. Il doit s’inventer un nouveau rôle dans le groupe. D’une certaine façon, c’est sain, mais ici les deux premiers jours de rivière avaient aussi été les plus difficiles techniquement et psychologiquement à gérer. J’étais épuisé et j’ai eu un peu de peine à vivre ce passage somme toute assez classique. Mais tout le monde était fatigué et réagissait comme il pouvait. Tout cela était bien compréhensible. Nous en avons parlé et c’était des moments forts. Mais hypnotisés par le sommet, les autres membres de l’équipe n’ont pas tout de suite compris ce dont je parlais, même si nous avons réussi à bien gérer cela. Il m’a fallu du temps pour revenir dans le groupe mais nous y sommes arrivés. Ce fut une magnifique expédition pour tous et elle nous a vraiment rapprochés.

En quoi la différence d’âge complique-t-elle les choses ?

C’est très curieux comme situation car je suis plus âgé que leur père. Au début cela crée une gêne mais cela ne dure jamais longtemps. Très vite tout le monde se lâche et raconte des blagues douteuses sans faire de différence. C’est la magie de l’expé.

Le problème ici c’était que j’étais le seul “vieux” et que sur les 550 km de rivière, il y avait beaucoup de grands plats où les discussions sont le principal passe-temps. Et là les jeunes, ils causent, ils causent… J’ai essayé d’écouter et de me joindre à leur conversation, mais très vite, j’ai dû admettre qu’en fait, je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’ils racontaient. Ils parlaient de clips vidéo Youtube, de séries, de films culte comme Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux avec une multitude de détails dont j’étais loin d’’imaginer la complexité.

J’ai bien essayé de lancer quelques sujets mais ils me renvoyaient le même regard d’incompréhension que moi face à leurs discussions. 
Bref, oui plus que le physique, avec l’âge, c’est aussi la différence culturelle qui crée un fossé. Mais c’est aussi la richesse de ce genre d’expéditions que de combler ces fossés. De ce point de vue cette expédition fut une réussite et c’est ce que j’aimerais aussi vous raconter dans ce film.

Dominique Snyers

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Intentions de l’équipe

Pourquoi et comment?

Tout a commencé en prenant des nouvelles de Simon qui était au Canada en décembre. Il est venu vers moi avec le projet d’aller grimper la Tour de la Fleur de Lotus dans un parc au Canada. J’ai pas beaucoup réfléchi sur le moment et je lui ais dis que j’étais partant. J’ai réalisé dans quoi je m’embarquais dans les semaines qui ont suivi. Petit à petit l’ampleur de l’expédition s’est dévoilée. Cela a continué à grossir jusqu’en juin. Découverte après découverte, j’ai vraiment réalisé que ce que je m’apprêtais à faire était, comparé à tout ce que j’avais déjà fait, un éléphant.

J’ai eu des périodes de doute quant à mes capacités à réaliser cette expédition sans risquer ma vie. La possibilité de se blesser lors de celle-ci aurait été pour moi catastrophique pour la poursuite de mon travail. Etant kiné indépendant je me serais retrouver sans revenu. Mais j’ai pris la décision de me lancer et de le faire. Une de mes meilleures décisions quand je regarde en arrière. Joachim

 

Quelles étaient tes craintes?

Au-delà des risques physiques et de ce que cela aurait impliqué, mes principales craintes étaient sur la vie à cinq au milieu de nulle par pendant un mois. Je ne connaissais que Simon et Antoine avant de commencer les préparatifs. Je m’engageais à passer un mois “confiné” avec quatre personnes et j’avais peur de ce que cela pouvait impliquer.

Mais l’ambiance était bonne et même la gêne liée à la différence d’âge avec Dom s’est vite dissipée. Les premiers quatre jours, Dom nous a transmis son savoir dans tous les aspects pratico pratiques de la vie “into the wild”. Jours après jours nous recommencions les petites routines de l’installation du camp et de la préparation du dîner qu’il nous avait inculquées. Après une semaine, je me suis senti plus à l’aise et je me suis approprié ces astuces. J’ai même commencé à m’en créer moi-même. J’étais alors indépendant et je garderai cette expérience pour mes projets futurs. Joachim

 

Le projet du film

Lors de la première réunion chez Dom, il nous avait annoncé son projet de filmer l’aventure et d’en faire un film amateur. Il nous demande alors de l’aider dans cette réalisation en filmant nous aussi sur place. J’avais peur que par cela on ne profite pas vraiment de l’instant présent, que l’on se projet dans le futur d’après expé. J’avais peur que cela m’empêche de profiter pleinement de cette plongée dans la nature profonde en me rattachant à la civilisation.

Je n’ai jamais vraiment été celui qui prend les photos en randonnée, mais j’y ai vite pris goût. Le fait que tout le monde filme à tour de rôle nous a vite fait oublier l’objectif et le naturel est revenu au galop.

Un ou deux mois après l’expé, Dom nous a annoncé que le projet du film amateur c’était transformé en film semi pro avec tous les investissements que cela allait entraîner pour lui qui portait ce film. J’ai été surpris et content que notre histoire puise plaire à ce point. De mon point de vue nous n’étions que cinq amateurs (même si Dom à 30 ans d’expérience) très loin de tout ce que j’ai toujours vu dans les documentaires que j’aime regarder sur la montagne et ses grimpeurs.

Maintenant je suis motivé pour aider à la réalisation de ce film dans la mesure de mon possible. Et cela passe par la promotion de celui-ci. Car je crois vraiment que cette histoire pourra toucher les jeunes de mon âge et les plus jeunes. Leur insuffler l’envie d’accepter la proposition de cet ami qui vous suggère un projet dont vous n’auriez même pas osé rêver. Joachim

Comment cela s’est-il présenté pour toi ?

Dans un premier temps, c’est Simon qui m’a proposé ce projet en mars 2016. Perplexe dans un premier temps, il ne m’a pas fallu longtemps avant de prendre la décision de l’accompagner dans cette expe. Je connais très bien Simon et Joachim, il y a seulement Dom et Mathias qui m’étaient presque inconnus. Cela ne m’a pas posé de problèmes grâce aux weekends de préparation que nous avons fait ensemble et où nous avons appris à nous connaître. Antoine

 

Quelles étaient tes craintes ?

Je suis surtout un grimpeur de salle, que je pratique depuis l’adolescence. N’ayant pas beaucoup grimpé en falaise, ce rocher de 800 mètres en escalade sur coinceurs devait être ma 5ième sortie en falaise. C’était ma seule « crainte », ceci étant, le niveau de la voie était plus qu’abordable donc ça ne m’a pas rebuté longtemps. Je n’étais pas du tout inquiet pour tout le reste (packrafting, marches d’approche…) j’étais bien en forme physiquement et je n’ai jamais vraiment été « limité ». Antoine

 

Que recherchais-tu ?

Ce qui me branchait le plus, c’était l’isolement et le fait d’être hors de toute civilisation durant un mois entier, de tout faire en autonomie la plus complète du premier au dernier jour. Depuis mon plus jeune âge, je pars tous les ans en montagne. J’aspire après mes études de médecine à partir à l’étranger dans les alpes suisses ou françaises, ce serait mon rêve de pouvoir m’installer dans un lieu où l’outdoor est plus envisageable qu’en Belgique (ski nordique, alpin, randonnées, alpinisme, escalade…). Du coup, cette expédition me parlait vraiment et me motive dans cette lancée de partir à l’étranger. Antoine

 

Maintenant où te situes-tu ?

Je ne prétends pas avoir « changé » après cette expe, c’était vraiment incroyable mais il faut garder les pieds sur terre et se dire que ce n’est ni la première et certainement pas la dernière. À chaque jour en suffit sa peine, même en dehors de ces expéditions, il y a moyen de créer de nouveaux projets chaque jour. Je considère cette histoire comme une amorce, cela me rassure et je me dis qu’avec de la détermination et de l’audace on peut réaliser vraiment de grandes choses avec ses potes. Antoine

Partenaires

Cap Expé

Cette expédition n’aurait pas pu être réalisée sans les multiples resources de la communauté Cap Expé.

Cap Expé est une communauté d’aventurières et d’aventuriers qui s’entraident dans la mise sur pied d’expéditions. La communauté s’organise autour du site www.capexpe.org où l’amatrice ou l’amateur de grands espaces naturel en recherche d’aventures peut se laisser inspirer par le récit d’aventures passées et demander des conseils et/ou de l’aide logistique (partage de matériels etc.). Au retour, il ou elle partage son expérience avec la communauté sur le site.

Cap Expé avait aussi organisé l’aventure d’Arthur en Alaska racontée dans le film "Le Pouvoir des Rêves" .

 

Le Club Alpin Belge

Le Club Alpin Belge (CAB), fédération francophone d’escalade, d’alpinisme et de randonnée, est une fédération sportive dont l’objet vise à développer et à promouvoir la pratique de l’escalade et des sports de montagne. Le CAB soutien la réalisation de ce film, relatant les aventures de certains de ses membres. Il compte utiliser « Le Passeur de la Nahanni” entre autres pour promouvoir la découverte des grands espaces et encourager le passage d’une pratique de l’escalade indoor à celle en milieu naturel.

 

Triangle7

Triangle7, basée à Bruxelles, est une société de production et de prestations de services en audiovisuel, une équipe passionnée par l’image et le son: fiction TV et cinéma, documentaire, film d’entreprise et institutionnel. triangle7.com

 

Marco Rosano

Marco Rosano nous permet d’utiliser des extraits de son Stabat Mater.

Il travaille actuellement sur un nouveau projet : la composition d’un Requiem dont le premier mouvement déjà finalisé est silplement magnifique (voir lien ci-dessous).

N’hésitez pas à le soutenir avec nous sur https://www.patreon.com/marcorosano

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